
On dit que la musique adoucit les mœurs.
On dit aussi que l’écoute et la pratique musicales ont un impact bénéfique sur la santé.
Il existe tellement de musiques différentes, sont-elles toutes bonnes pour la santé et le bien-être ? Et portent-t’-elles toujours un bon message pour les « mœurs » ?
Référons-nous à Platon : la musique doit être dans le beau, le bon, le vrai. La beauté et la vérité ressortent plutôt dans domaine de l’artistique. Mais le bon fait clairement référence à ce qui nous fait du bien ou ce qui a une portée morale. Dès l’Antiquité, on utilisait la musique à des fins thérapeutiques. Et du Moyen-Âge jusqu’au XVIIème siècle en Occident, certains théoriciens ont abordé l’aspect thérapeutique de la musique.
Certains me disent qu’ils n’aiment pas la musique et n’en écoutent jamais. Mais à l’heure actuelle, difficile d’y échapper : au cinéma, dans les magasins, à la télé, sur les portables, les ordis etc. On parle même de pollution sonore quand la musique est trop présente et pas assez écoutée.
Alors comment savoir qu’une musique est bonne pour moi ?
Je réfléchis depuis plusieurs années sur le sujet de la portée énergétique de la musique. Dans cet article, je vais tenter de te donner le fruits de mes réflexions pour te guider parmi les musiques bonnes ou moins bonnes pour la santé.
Qui suis-je ?

Je suis Laurent Carle, musicien professionnel et praticien en sonologie.
Ayant fait des études musicales classiques très poussées, j’ai pu atteindre un niveau d’expertise en piano, orgue, composition, improvisation. Je me suis ensuite tourné vers le jazz, qui m’a donné l’ouverture vers les musiques du monde et les musiques populaires. J’ai participé à plusieurs groupes et produit 3 CD.
Je me fais une joie de transmettre ce savoir-faire et savoir-être artistique, par des cours, des concerts, des conférences.
Je me suis ensuite formé à la sonologie, auprès du Centre Medson et Emmanuel Comte, qui lui aussi mène une réflexion sur les musiques énergétiques. Il a mis cette graine en moi !
La sonologie combine sonothérapie en douceur avec des sons naturels (voix, diapasons) et la chromothérapie. Ces 2 aspects se complètent dans des massages vibratoires en profondeur, pour rééquilibrer l’énergie de ton corps et de tes corps énergétiques. On peut atténuer voire supprimer des symptômes tels les douleurs, l’anxiété, l’insomnie, les acouphènes, le mal-être.
Les musiques énergétiques se situent donc à la rencontre de mes 2 domaines d’expertise.
Qu’est-ce que la musique ?

Pas si facile à définir ! On entend souvent « oh, ça c’est pas de la musique! »
Au XVIIIème siècle, on la définissait comme l’art de combiner les sons pour que ce soit agréable à l’oreille. Mais qu’est-ce qui est agréable à l’oreille ? Ce qui est agréable pour les uns ne l’est pas forcément pour les autres…
Je te propose une définition plus actuelle :
la musique est
- une organisation sonore humaine (mélodie, rythme)
- recherchée pour elle-même
- porteuse d’une intention émotionnelle ou spirituelle claire
Ceci étant posé, les critères importants pour l’impact énergétique de la musique sont
- le type de discours musical
- le respect des rythmes biologiques humains
- l’intention
Le type de discours musical

Comment un discours musical peut avoir un impact apaisant ou/et énergisant ?
Ayons une vision topographique du contenu musical, du « relief » et du mouvement du discours musical.
Je distingue 3 types de discours :
- étale: tel le chant grégorien, des musiques « suspendues », mystiques. Ce type de discours apporte apaisement, spiritualité, élévation Exemple de discours étale : Chant grégorien
- ondoyant : discours proche du précédent mais plus pulsé, avec un mouvement de balancement. Bossa nova, musiques de percussions douces (handpan), ce sont des musiques plutôt relaxantes et pouvant apporter une certaine joie. Ces deux types de discours sont recommandés pour les bains sonores ! Exemple de discours ondoyant : Canon de Pachelbel
- contrasté : 80% de la musique qu’on « écoute » avec attention. Ce discours intègre des progressions, des accentuations significatives, des contrastes, des modulations. Une alternance de tensions-détentes. Exemple de discours contrasté : la chanson Toulouse de Claude Nougaro
Le respect des rythmes biologiques

Au Moyen-Âge et jusqu’au XVIIIème siècle, le tempo (vitesse de la pulsation) était basé sur le tactus, pulsation qui correspond grosso modo au rythme naturel des battements du cœur, soit entre 60 et 80 bpm (battements par minute). Ce tempo favorise un confort d’écoute et un sentiment de « naturel » dans le discours musical.
Au XIXème siècle est inventé le métronome, qui propose une palette de tempi beaucoup plus large : de 20 à 240 bpm ! La musique commence à exprimer des tempi beaucoup plus lents et beaucoup plus rapides. Les tempi très lents sont sensés favoriser la méditation, voire donner un côté un peu hypnotique. Les tempi très rapides apportent une certaine agitation voire une nervosité parfois.
On s’éloigne de ce confort d’écoute et de naturel anciens. Ceci explique en partie pourquoi les musiques des XIXème et XXème siècles ont souvent une valeur moins thérapeutique que les musiques plus anciennes.
Il y a parfois une perception paradoxale du tempo. En jazz il existe des tempi extrêmement rapides, jusqu’à 340 bpm ! Mais on perçoit une pulsation plus large car les valeurs peuvent être bien plus lentes et déliées.
Autre aspect relié directement au tempo est le rythme. C’est lui qui anime la pulsation et donne du mouvement à la musique. Il y a plusieurs types rythmiques, auxquels on a donné des noms grecs issus de la métrique poétique :
-trochée : LB (Longue-Brève)
-iambe : BL
-trybachis : BBB
-dactyle ; LBB
-anapeste : BBL
-spondée : LL
Les rythmes commençant par une longue sont plus relaxants que l’inverse, car ils s’approchent plus des battements du cœur.
Mais tout dépend du tempo choisi ! Et les rythmes n’ont pas le même effet si le tempo est lent ou rapide.
L’intention
L’intention oriente le contenu musical. Tous les paramètres de la musique sont au service de l’intention :
- le tempo : la vitesse de la pulsation
- le rythme : qui donne le mouvement et la respiration de la musique
- le contour mélodique : une mélodie conjointe détend plus qu’une mélodie disjointe1
- le choix du mode ou de la tonalité : c’est un point un peu plus technique : majeur, mineur etc.
- les choix de l’instrumentation, de l’émission vocale : par exemple des violons pour l’amour, une guitare électrique pour le côté pêchu !
Mais attention, il peut parfois y avoir un décalage certain entre la beauté plastique de la musique et l’intention beaucoup moins positive.
Par exemple, la célèbre chanson Hallelujah de Leonard Cohen. On entend un refrain avec un choeur un peu gospel, chantant « hallelujah », comme si c’était une action de grâce. Or si on suit le texte de la chanson, on est loin de l’action de grâce !
Il y a plusieurs exemples de ce genre dans le répertoire pop, mais aussi dans le répertoire classique.
J’appelle ceci un hiatus énergétique. Ce n’est pas très bon ça !
Quand il n’y a pas de texte, les choses peuvent être un peu plus insidieuses.
Par exemple, le célèbre Adagietto de la 5ème symphonie de Mahler. C’est très beau, avec une respiration large et à première vue apaisante. Mais petit à petit une grande mélancolie s’insinue en toi et peut-être au sortir de ton écoute, ressentiras-tu un léger malaise ? Normal, car cette musique porte cette émotion-là.
Les vraies fausses musiques énergétiques
–les musiques électro de relaxation
Les sons électroniques peuvent être parfois très beaux, mais ils ont 2 défauts :
- ils sont pauvres en harmoniques, à la différence des sons acoustiques. Leur portée énergétique et thérapeutique est moindre car les harmoniques sont en quelque sorte l’aura des sons. Plus l’aura est petite, moins le taux vibratoire est élevé. Logique.
- ils ne font référence à aucune mémoire énergétique. Quand tu entends un son de violon, de piano ou de voix humaine, ta mémoire reconnaît et identifie ces sons, même s’ils sont mal restitués. Les sons électroniques sont souvent nouveaux, venant d’une autre planète. Donc énergétiquement, tu peux ressentir un malaise ou de l’angoisse.
–le solfège sacré
Voici un des mythes les plus tenaces de notre époque. Des fréquences sont choisies dans un tableau d’inclusion de numérologie (qui ressemble à un pavé numérique…) et sont sensées avoir une action thérapeutique. Les défenseurs du solfège sacré se réfèrent aussi à des travaux dont le caractère scientifique est contesté (Masuru Emoto).
Je ne dis pas que les audios ou vidéos basés sur les fréquences dites sacrées sont mauvais. Mais est-ce vraiment la fréquence ou bien le type de sons ou de discours qui agit (étale ou ondoyant) ? La question reste ouverte.
Du coup, je ne trouve pas très honnête de « vendre » une fréquence. Alors attention à ceux qui en font un business !
Les sonothérapeutes ayant travaillé en profondeur depuis plusieurs décennies sur l’impact thérapeutique des sons ont remarqué que c’était davantage les harmoniques2 ou les intervalles entre les notes qui agissent. La fréquence de la note a donc une importance secondaire3. Ça permet de relativiser sur la mode actuelle du bon diapason (440Hz ? 432Hz ?).
En conclusion, quelles sont les musiques énergétiques bonnes ?

-celles qui portent une intention pure : pas de hiatus énergétique.
-celles qui respectent les rythmes biologiques humains.
-celles qui stimulent les émotions positives et aident à réguler les émotions négatives. On évitera donc la mélancolie affirmée ou cachée, la tristesse insondable
-celles dont la communicabilité est directe, donc pas de propos trop tortueux
On écartera les musiques chargées de mal-être, d’expression morbide ou tourmentée à l’excès (fin XIXème début XXème siècle dans les pays germaniques surtout). Attention aussi aux musiques d’opéras tragiques du XIXème siècle.
On écartera aussi toutes les musiques incitant à la violence, au suicide, voire au meurtre : certains hip-hop, heavy metal, black metal, death metal…
Notons qu’une musique peut être reliée à la mort ou à des rituels funèbres (Requiem). Elle n’est pas pour autant négative, elle peut porter des messages d’apaisement, de réconfort ou une énergie d’élévation. Ca dépend bien sûr aussi de comment tu vois la mort…
Et fais confiance à tes ressentis et à ton intuition.
Bibliographie
Fabien Maman Le Tao du Son éditions Guy Trédaniel, 2011
Emmanuel Comte Le Son des Vibrations éditions Dangles, 2015
1 Conjoint : les notes se suivent dans l’ordre de la gamme ou du clavier de piano. Disjoint : les notes sont plus espacées
2 Sons sinusoïdaux composant un son complexe, comme la voix, ou un instrument acoustique
3 Sauf si c’est la fréquence de la conduction osseuse de 256Hz par exemple

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